J'avais laissé Pablo le soir avec ses nouveaux copains, un peu de peur au ventre, ne sachant s'il serait toujours là bas ce samedi matin.
Je nourris toute la troupe ici, rongeant mon frein et je vais rejoindre cochienchon en vadrouille, espérant que le propriétaire des écuries serait là.
J'arrive, de loin, j'entrevois Pablo, ouf, et les propriétaires des écuries sont là aussi, ouf.
Nous discutons, comment faire pour attraper ce couillon de bestiau, nous élaborons un plan d'attaque, si l'on peut dire.
Surtout garder notre calme, ne pas le paniquer, essayer de le cantonner dans un coin serait bien.
Il y a des multitudes d'endroits possibles, pensons nous.
Et nous voilà à marcher, chacun d'un coté, au milieu des chevaux, tentant tant bien que mal de guider un cochon malin et joueur, un peu trop.
Notre hôte, je l’appellerai ainsi dorénavant, guide tranquillement d’un coté, moi de l’autre et son épouse sur un troisième coté.
Pablo jette un oeil à droite, un à gauche, lève le groin et se met à trottiner, fier de lui. Il renifle un cheval, joue avec les pieds d’un autre… huiiik pas cool çuilà, pas grave, il continue…
D’un coup, il fait demi tour, nous on reste comme des cons.
Une demi heure se passe, à 3, chaque avancée vers un des endroits qui pourraient nous aider à l’attraper est suivi d’une reculade.
Franchement, ce cochon a du jouer à plein de jeux de stratégie, bon sang.
Il nous regarde, se couche, nous laisse approcher à un mètre, et hop, se lève d’un bond et file plus loin en remuant sa queue et un sonore gruikgruik, vous m’avez raté.
Vous savez quoi, je pense qu’il se fiche de nous.
On prend des planches, 3 humains en planches à suivre un cochon, faut vous imaginer le truc.. Lol, heureusement, pas de surveillants autre que les chevaux, et les chevaux ça parle pas, ouf.
On se prend à rêver de l’attraper, on arrive à l’amener dans un coin grillagé, un petit muret et nous deux derrière cochienchon, une en renfort... yess, on se regarde , trois humains, ça y est, on va l’avoir…
Que nenni, d’un splendide coup de rein, voilà un cochon volant qui saute la murette de 60cm et défonce le grillage un peu vieux au dessus…
Grrr, à refaire, pourtant on y a cru.
Allez, on ne désarme pas, on va l’avoir…
Il fait le tour de la maison, chouette, il est entré dans le fossé, là impossible qu’il sorte, j’ai positionné la planche nickel avec mes petits bras musclés, notre hôte et son amie font de même, on lève quasi nos mains en signe de victoire, …. C’était sans tenir compte des ressources d’un Pablo moqueur, qui nous regarde, jauge les obstacles et… s’envole à nouveau au dessus des planches en place, l’envol d’un Pablo qui fait s’envoler en fumée nos espoirs.
On se replace, Monsieur Cochon nous regarde, goguenard, salopiot, je suis sûre qu’il s'amuse bien lui.
Il passe de parc en parc, renifle les pieds des chevaux au passage, broute une feuille, un brin d’herbe. Nous fait des « pan t’es mort » et continue de se jouer de nous dès qu’on arrive à moins d’un mètre.
J’vais en faire du saucisson bon sang !!!
Calmement, on fait un point, il est là, si on le joue bien on doit pouvoir l’attirer avec cette jument qu’il aime bien, on prend la jument en longe, Pablo l’accompagne, jusque…juste au bord de la porte du box, la jument rentre seule et Pablo nous fait un "pied de groin » et se carapate une fois de plus.
Salopiot.
Une heure et demi qu’on marche dans les prés, dans les ornières sèches creusées par les pieds des chevaux, qu'on avance, qu’on recule, qu’on tourne, vire, que les chevaux se marrent, que le cochon est mort de rire mais pas question qu’on l’attrape, il s’amuse.
Il traverse un pré, aie, là, la jument apeurée lui signifie d’un monumental coup de pied dans les cotes que Cochienchon n’est pas bienvenu dans ce pré… mon sang ne fait qu’un tour, je le vois mort, même pas, un gruik, il jauge la bête, levant la tête de haut en bas, elle menace à nouveau mais il s’écarte sous les fils de clôture hors d’atteinte de la jument.
Ouf, pas de bobo sur l’instant, espérons qu’il n’a rien, faut toujours l’attraper, c’est pas gagné.
J’appelle tonton véto, il me dit qu’il n’a que des piqures pour calmer la bête et pas de fusil hypodermique, il nous souhaite bonne chance, en riant. On le prend de façon humoristique nous aussi, y’a rien d’autre à faire.
Toujours patients, nous reprenons nos plans, on va l’amener vers là, lentement, gentiment, doucement, sans s'énerver, allez, ce coup ci c’est bon, il est dans un paddock, hourra, on se congratule. Youpi, gagné, notre hôte lance à Pablo : tu vois, là t’es coincé, lalalère…on t’a eu…
Enfin, au bout de deux heures, à 3…
Je m’approche du local et là, je vois la mine déconfite de notre hôte, au fond du paddock, bras baissés, épaules rentrées, l'air dé "confit" (de porc), il y avait un trou de … "cosourichon", il s’y est enfilé et hop, liberté à nouveau…
Tout à refaire…
Ouiiiiiinnnnnnn.
On était pourtant hyper contents, lol, et là le gars me dit, mince j’ai pas pensé au trou en face, caché par les orties, c’est des boxes à chevaux, pas à cochon.
Il est quand même fort ce saucisson à pattes… On a vendu la peau du cochon avant de l’avoir attrapé, lol.
On part d’un fou rire, et Pablo lui a décidé que ça suffisait, on le gonflait, il a chaud, il se met à trottiner vers le fond des champs, loin loin loin, là bas, il y a une mare qu’il me dit le propriétaire..
Bon, on laisse tomber. Deux heures et demi de stratégie non payantes ce matin, c’est bon, on va faire appel à plus d’amis.
A deux on n’y arrive pas, à trois pas mieux, seul n’en parlons pas…
Les renforts vont arriver cet après midi.
On fait une pause, de toute façon, là où est parti Pablo, impossible de l’attraper, même si on aime sauter dans les flaques…
Je décide d’aller chercher mon filet à moutons à la maison.
J'ai appelé les copains d'abord, ils viendront à trois de plus d’ici une heure, Ouf, c’est des copains de luxe, on est tous dans le même bateau, pourvu que le capitaine appelé empêche Pablo de virer de bord .
Et me revoilà, de retour avec mon filet, les copains arpentent les prairies, cochon toujours mort de rire qui nous fait des pieds de groin à chaque instant, chaque fois qu’on croit l’avoir...
Je place le filet dans un endroit stratégique, ça devrait le faire, il suffit de l’amener là, tendez bien l’enclos surtout, il sait sauter mais aussi soulever et s’enfuir.
Pas de souci, on fait ça…
Premier essai, couronné de succès… croit-on… tu parles, tel Houdini, Pablo s’empresse de nous montrer la faille des mailles et se carapate à nouveau.
Tout à refaire, je dois aussi empêcher les chevaux de venir dans le filet, éviter qu’ils ne se blessent, hmm, moi les chevaux… bon, c’est pas mon truc mais on fera au mieux. Je parle très mal le cheval en fait.
Re belote, je modifie l’agencement du filet à moutons, les copains, tranquillement, guident un Pablo trottinant vers rentrée du filet, il y est, il faut juste relever les bords et…. Trop tard, Pablo nous la joue, je reviens en arrière , gruiiiik, à fond et je fonce sur l’humaine qui semble avoir un peu peur de moi, bonne pioche, elle recule, lui met une taloche, se fait mal à la main, il n’a absolument rien senti…
Le capitaine du bateau est maintenant David, on va bosser au fond du porc là !!!
Reprise de la quête du cochienchon, on guide, on croit l’avoir, on le rate une nouvelle fois, allez, un petit tour de campagne avec un groin groin qui nous guide trottinant…
David : faut qu’on le guide le semi-porc de 80 kg, coquin de sort !
Et nous voilà à délirer au milieu des chevaux sur la méthode des cow-boys , l’un prend un filet qui ne sera d’aucune utilité, un autre parle de bolas, qu’on pourrait lui lancer pour entraver les pattes arrière comme on a regardé à la TV, partie de fou rire sous le regard de Pablo, ben oui, tout est bon dans l’cochon, il a du talent le jambonneau sur pattes mais on l’aura, on l'aura…
Allez, calme, zen, le capitaine David donne ses consignes, tout le monde acquiesce, le cochon précède et le filet se referme, ce coup ci correctement.
Pablo se voit déjà fuguer sous le filet au même endroit qu’avant, c’est sans compter le capitaine de l’équipe, qui dans une envolée digne des meilleurs buteurs du championnat de rugby, fait s’envoler ses 130 kg sur un Pablo, demi portion de 80kg, qui évite un premier placage, s’emmêle dans les filet, Capitaine David a la flamme, il se relève, s’élance et plonge à nouveau pour transformer l’essai cochon.
YESSSSSSS, Laetitia se rue sur les oreilles, je peux lâcher la jument et la faire filet… heu filer.
Dans un élan de joie, notre hôte lève les bras et me demande d’immortaliser la scène plusieurs fois, pour la postérité, je dégaine mon téléphone pour la prise et là nous entendons David, notre étoile montante, nous dire : dites les gars, le ballon est en train de me filer d’entre les mains, une petite aide serait sympa.
Pablo est bon joueur, il ne crie pas, ne cherche pas à mordre, il tente la méthode de l’anguille, heureusement pas de suint pour glisser des mains.
On harnache un Pablo déconfit avec un licol, on met la voiture au plus près d'un Pablo emmailloté, qui sera soulevé du sol par 4 gaillardes et gaillards et placé dans la caisse de transport, en sécurité.
Ouf, il est temps de laisser éclater notre joie.
Notre équipe a gagné la coupe, la coupe et Pig, une équipe épique...
Vous êtes formidables, on n’a même pas pu se congratuler à la mode de chez nous.
Une heure à six, c’est parfait.
Pablo en sécurité, tu seras "confit nez", pardon confiné Pablo, privé de sortie du poulailler jusqu’à nouvel ordre.
Ok, qu’il a dit, je lui file à manger, il se jette dans son auge, avale les pâtes cuites comme un goret qu’il est et se pose sur le sol invitant ses copines poulettes à un épouillage, oserai-je « é-tique-tage"
Et voilà donc une histoire cochonne de Tatie Clo qui ne se terminera pas en eau de boudin.
Les petites histoires de Tatie Clo #fautquejevousraconte
La vie à la campagne au milieu d'animaux, des schipperkes, bergers allemands et chats.
Elevage des Grandes voies
Voir le profil de clotarn sur le portail Overblog